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Jorge NASCIMENTO, “Bâtisseur engagé”

Notre série d’interviews se termine avec notre partenaire Jorge NASCIMENTO qui nous a confié :

« J’ai toujours rêvé d’avoir une entreprise de bâtiment, comme d’autres ont rêvé d’être pilote de Formule 1.

Fils de maçon, depuis l’âge de 8 ans je vais sur les chantiers. Enfant, je n’aime pas l’école. Ma mère, femme de ménage, travaille alors chez une économiste du bâtiment qui nous met en relation avec le proviseur d’un lycée professionnel. Au vu de mes résultats scolaires, il me demande des garanties pour accepter de me prendre dans son établissement. Je lui dis crânement qu’il ferait une erreur en ne m’acceptant et que j’ai suffisamment de motivation pour être le 1er de la classe. Il m’a accepté et j’ai tenu parole.

En fin de 1ère année de BEP, je suis pris en stage dans l’entreprise COMET en région parisienne et y retourne à chaque période de vacances scolaires. Je passe par les postes de chef d’équipe, chef de chantier et j’intègre l’entreprise, à la fin de mes études, en qualité d’aide conducteur de travaux.

2 ans après, le patron me demande de reprendre le secteur collectif, qui était alors en difficulté. J’accepte le défi, trouve un équilibre financier et l’activité repart. Je gravis rapidement les échelons et quelques années plus tard, il me propose de devenir actionnaire à hauteur de 30 %. En 2003, je finis par racheter le groupe et intègre dans l’actionnariat certains collaborateurs.

Pendant ces années, j’ai eu la chance d’apprendre tous les aspects de mon métier. J’ai beaucoup lu, observé et me suis pris de passion pour la gestion.

En 2006, je crée COMET PACA et viens m’installer avec ma famille dans le Sud. COMET PACA est suivie par la création de MEDITERRANEE CONSTRUCTION, puis EGCM…

Aujourd’hui, le GROUPE MELLONE, Holding Animatrice, a trois activités majeures : la Construction, la Promotion et la Foncière.

Je suis un entrepreneur dans l’âme et un optimiste. Je mesure les risques mais je ne laisse pas passer les opportunités. Je suis bien entouré par des collaborateurs que j’implique dans mes décisions.

J’ai à coeur de transmettre le groupe et d’assurer sa pérennité. »

Jorge NASCIMENTO, Président du groupe MELLONE.

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Linda MANSOURI, “Bâtisseuse engagée”

Poursuivons notre série d’interviews avec Linda MANSOURI qui nous a confié :

« J’aime me lancer de nouveaux défis et mon parcours en témoigne. A la sortie de mes études d’ingénieur en bâtiment et d’un 3eme cycle en urbanisme, Habitat et Territoires Conseil cherche deux personnes une pour le suivi de chantier et une autre pour l’assistance à maitrise d’ouvrage, conseil en stratégie de patrimoine. Mon profil regroupe toutes ces compétences et j’obtiens ce double job. Je découvre la complexité du métier des bailleurs sociaux. J’affronte aussi l’univers particulier du chantier, j’ai la sensation d’être testée en permanence mais je finis par obtenir les excuses et la confiance du client qui à mon arrivée avait douté « des compétences d’une femme sur un chantier ». Je travaille ensuite pour Icade Promotion Logement en tant que Responsable des programmes pendant quatre ans. Un chasseur de tête me propose de rejoindre Linkcity, filiale de Bouygues pour effectuer du développement foncier. Au fil du temps, je réfléchis à mes choix de carrière, je cherche ce qui résonne en moi. Je m’inscris à un MOOC créé par HEC et l’école Ticket for change sur les entrepreneurs du changement. Je travaille alors sur mes motivations et c’est là que je mets à jour mon désir de lutter contre l’exclusion ou l’isolement social.

J’ai l’idée d’un projet de développeur immobilier coopératif, j’enchaine des formations sur la gouvernance partagée (avec l’Université du Nous), sur le coaching pour savoir comment conseiller des individus, des collectifs. À l’issue de cet accompagnement, je propose mes services en tant qu’assistante à maîtrise d’usage. Je me sens assez armée pour rejoindre l’incubateur de projets de l’économie sociale et solidaire Inter-Made avec « Habitat et Compagnie » où je propose d’aider les professionnels à concevoir des projets d’habitat partagé. Je réponds à des appels d’offres avec des promoteurs sur l’inclusion sociale mais malheureusement nous finissons à chaque fois deuxième. L’an dernier, je rencontre la Sacicap de Provence afin de créer une filiale de Promotion immobilière Procivis Provence. Les bénéfices des programmes de logements sont réinvestis dans les projets solidaires de la coopérative. Je suis passée d’entrepreneur à intrapreneur.

Aujourd’hui je suis maitre d’ouvrage et j’ai davantage les outils et les moyens d’agir. C’est le début d’une nouvelle histoire au cœur de ce qui donne sens à mon travail : la solidarité et le partage. Le contexte nous pousse à l’humilité. Certains changements importants influent sur nos modes de vie et donc sur l’habitat notamment la révolution numérique. La crise actuelle nous fait prendre conscience de notre interdépendance avec l’environnement au sens large. L’immobilier de demain dépendra de l’avenir de nos comportements. »

Linda MANSOURI, Directrice de la promotion Immobilière PROCIVIS PROVENCE (SACICAP de PROVENCE).

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Vincent CALIFANO, “Bâtisseur engagé”

Notre série d’interviews se poursuit avec Vincent CALIFANO qui nous a confié :

« Rien ne me destinait à travailler dans l’immobilier. A 18 ans, le bac en poche, je n’ai pas de goût pour les études et je multiplie les petits jobs. C’est en regardant Stéphane Plaza et « Maison à vendre » sur M6 que je m’intéresse à ce milieu et que j’ai un déclic. Je décide de reprendre des études en alternance et d’apprendre le métier d’agent immobilier. J’adore conseiller des personnes dans l’achat unique d’une vie parfois. Je ressens le besoin d’approfondir ma connaissance de ce milieu et j’intègre des sociétés de promotion en immobilier d’entreprise tout en poursuivant mon cursus scolaire jusqu’à valider un master 2 en aménagement et promotion immobilière. Ma passion pour ce métier s’accroit lorsque je réalise que je peux créer l’immobilier de demain et pas juste me contenter de le vendre. Je fais donc mes armes chez Real Land et Redman où je termine au responsable de programmes. Réfléchir à des stratégies globales pour répondre aux attentes de chefs d’entreprises me passionne car il s’agit toujours d’accompagner au mieux des personnes. Je demeure 6 ans et demi salarié de ces grandes entreprises mais je sens que me sclérose à n’être qu’un simple exécutant. Il y a un an et demi je me lance et crée avec mon associée ma propre structure de promotion en immobilier d’entreprise, de gestions de biens immobiliers et d’assistance à maitre d’ouvrage. J’aime pouvoir décider de manière indépendante ce que j’estime être le plus approprié pour un projet, j’aime réfléchir et choisir.

Nous sommes jeunes, nous apportons notre modernité, notre flexibilité notamment grâce à notre espace de coworking spécialisé dans l’immobilier qui regroupe une vingtaine de professionnels intervenants nécessaires à une opération immobilière.

J’ai réussi grâce à ce grain de folie qui m’anime. J’ai pris un risque en quittant un poste salarié mais aujourd’hui je n’ai aucun regret et je me sens même fier de mon parcours. Lorsqu’on est au pied d’un mur soit on se dit que l’on est capable de le franchir, soit on renonce et on fait demi-tour. Mon audace et mon ambition m’aident à me surpasser. Certes, j’ai connu et je connais encore des périodes de doute mais je suis tenace et je me donne les moyens d’y arriver.

Le monde de l’immobilier d’entreprise vit actuellement une mutation importante. Il est capital selon moi de repenser les lieux de travail. Les bureaux deviendront davantage des espaces collaboratifs où l’on se rendra pour une réunion ou pour rencontrer ses collègues de manière ponctuelle. Il est fini le temps où le travail s’effectuait en restant 35 heures derrière son bureau du lundi au vendredi. Nous devons repenser la manière de concevoir le travail et les lieux de travail. Et c’est le cœur de notre défi. »

Vincent Califano, Associé d’Investone.

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Céline DUCREUX, “Bâtisseuse engagée”

Poursuivons notre série d’interviews avec Céline DUCREUX qui nous a confié :

« J’ai toujours aimé ce qui était en lien avec le bâtiment et j’ai toujours souhaité travailler dans la thermique du bâtiment. Après une formation génie thermique et climatique, je suis immédiatement embauchée par un bureau d’études nommé Altergis Ingenierie. Je connais en 11 ans une évolution professionnelle significative. Je débute par un poste sédentaire d’ingénieur d’études qui ne satisfait pas mon goût pour le relationnel. Une fois devenue chargée d’affaires, je développe un lien avec les différents acteurs du bâtiment, lien qui s’amplifie en tant que chef de projet. Altergis se développe et je suis nommée chef d’agence. Mais quand la société est rachetée par Veolia, je me pose des questions. Je me rends compte que l’aspect humain a disparu de ma fonction et que je n’ai plus de contact avec ma hiérarchie. J’ai eu besoin de travailler à plus petite échelle. En 2017, je crée Oevi Ingénierie.
Mon mari avait ouvert son bureau d’études d’exécution des installations techniques quelques temps avant. Certains de ses clients se disaient intéressés par mes compétences et mes propres clients étaient prêts à me suivre. Je lance donc ma société et tout le monde tient parole. J’enchaine les missions. Aujourd’hui, j’ai 4 salariés et je travaille en partenariat avec mon mari. Nous sommes dans le même domaine et nous pouvons nous épauler en cas de surcharge. Nous avons surtout des compétences complémentaires qui nous permettent de proposer un travail accompli. J’apprécie de ne plus avoir de compte à rendre à quiconque et de vivre pleinement la satisfaction de mes clients et leur mécontentement aussi d’ailleurs.

J’aime mon travail car je me renouvelle sans cesse, aucun projet ne se ressemble. J’aime intervenir dans une équipe de maitrise d’œuvre, j’adore cette alchimie qui se crée lorsque tous les corps de métiers se réunissent autour d’une table pour aboutir à une construction.

Je souhaite qu’à l’avenir on redevienne raisonnable en matière de construction. J’aspire à plus de simplicité, à des logements où le désir de toujours plus d’innovation et de technicité ne laisse pas les utilisateurs démunis. Aujourd’hui, régulièrement, sur les nouvelles opérations, les habitants nous rappellent pour nous dire qu’ils n’arrivent pas à mettre en route leur système de chauffage, c’est désolant ! J’aimerais que l’on revienne à une technique utilisable par tous et notamment par les personnes âgées ou handicapées. Travailler sur une bonne isolation, une bonne orientation des logements pour réduire au maximum les besoins en chaud et en froid et simplifier les systèmes. Il faut remettre du bon sens dans le monde de la construction. »

Céline Ducreux, Fondatrice d’Oevi Ingénierie.

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Philippe CHOURGNOZ, “Bâtisseur engagé”

Notre série d’interviews se poursuit avec Philippe CHOURGNOZ qui nous a confié :

« L’immobilier c’est le seul métier que je connaisse. J’ai été sensibilisé à cet univers dès mon plus jeune âge par mon père.  Dans les années 60, il achète des terrains dans la région Toulonnaise afin de bâtir des maisons individuelles. L’entreprise familiale voit le jour. A 20 ans, j’intègre la société sans me poser de question puisque j’avais toujours entendu mon père dire que nous finirions par travailler ensemble. Sa conviction est devenue mon évidence. C’était écrit. Après des études de comptabilité, je commence par ce service dans l’entreprise familiale afin de valider mes acquis et poursuit mon apprentissage dans les bureaux de vente. Je dois surpasser ma timidité et oublier mon sentiment d’illégitimité à me retrouver en face de futurs acquéreurs qui ont le double de mon âge.  Peu à peu je prends de l’assurance et acquiers les techniques de vente.

Mais il faut savoir que travailler avec son père peut s’avérer très frustrant. En tout cas c’est ainsi que je l’ai vécu. A l’époque, je ressens le besoin de prouver que je ne me résume pas au cliché du « fils à papa ».  Je désire faire mes preuves et apporter ma plus-value. Je modernise donc l’entreprise en l’informatisant. Nous gagnons en réactivité et en organisation. Je découvre ce monde de l’immobilier et j’apprécie la diversité des tâches. Je suis passé par tous les services et grâce à ces expériences je possède aujourd’hui une vision globale de ce métier.

Nous avons bâti des maisons, de nombreux logements collectifs, des bâtiments haut de gamme, des résidences de tourisme et nous continuons toujours aujourd’hui plus 40 ans plus tard à demeurer des artisans. Nous occupons de tout, de l’achat du terrain au service après-vente, nous nous rendons personnellement chez nos clients une fois la livraison effectuée. Et je suis ravi de cette proximité et de cette réputation de promoteur local ancré dans le territoire varois. La base de notre métier et de la réussite se situe dans le foncier et notamment dans la qualité de l’emplacement du projet.

Aujourd’hui, le métier est beaucoup plus compliqué que ce qu’il était. Les contraintes sont multiples et surviennent à différentes phases du projet. La rareté du foncier rend les parcelles intéressantes très convoitées, arrive ensuite la phase de l’obtention des permis de construire qui s’avère de plus en plus complexe, une fois obtenu vous devez lutter contre les multiples recours quitte à voir votre projet retardé de plusieurs années et une fois toutes les étapes franchies viennent ensuite les problèmes liés à la construction. Sur ce dernier point, je me tourne de plus en plus vers des architectes qui peuvent aussi assurer la maitrise d’œuvre. Les nouvelles générations d’architectes sont calées techniquement. Le client est très exigeant et on a appris à se tourner vers des acteurs très structurés. Nous avons la chance d’évoluer dans un département assez prisé et avec la crise sanitaire que notre pays traverse de nombreuses personnes rêvent de venir se mettre au vert. Je suis optimiste pour l’avenir et surtout je suis fier de demeurer un acteur libre et un artisan reconnu. »

Philippe CHOURGNOZ, Président Directeur Général de la Société Chourgnoz

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Constance DE ALEXANDRIS, “Bâtisseuse engagée”

Poursuivons notre série d’interviews avec Constance de Alexandris qui nous a confié :

« A travers la mission d’Ecoceaty, j’ai inventé le métier qui me plaisait.

J’ai fondé ma société après avoir travaillé durant 15 ans dans la direction de projet immobilier urbain. Mon parcours commence chez Bouygues en tant que contrôleur de gestion. Très vite, je réalise que ce métier n’est pas fait pour moi et me retrouve un peu par hasard dans la filiale de promotion de Bouygues Construction. J’adhère immédiatement à ce métier à la fois très concret et stimulant d’un point de vue intellectuel. Dans ce groupe, j’apprends clairement la rigueur professionnelle. Après un tour du monde, j’intègre ensuite l’équipe de développement de Foncière des Régions (Covivio). Cette société est en pleine croissance, tout est à faire et à inventer, j’y j’acquiers une vraie autonomie dans la conduite d’opération. En 2010, je quitte Paris pour Marseille et rejoins les équipes de Redman où je découvre l’esprit d’entreprendre et une certaine audace dans la façon de concevoir les projets.

Sur un plan personnel, la maternité me conduit à m’intéresser à l’alimentation. Cet intérêt m’amène en 2014 à m’engager bénévolement auprès d’un réseau d’épiceries sociales et solidaires. Au fil du temps, cette double vie crée un sentiment d’inconfort et l’impression de ne pas aller au bout des choses. Je décide alors d’arrêter la promotion immobilière pour me lancer dans l’entrepreneuriat. Je connais un moment de vertige, mais je me sens en adéquation avec mon intuition. Je n’ai alors pas de concept précis mais une envie forte. Un architecte me propose de répondre à un appel à projets ensemble sur le renouvellement d’un quartier en région parisienne. C’est l’étincelle, je comprends que je dois faire le lien entre la ville et l’alimentation. Comment puis-je sensibiliser les promoteurs, les maitres d’ouvrages, les aménageurs à l’intérêt de cette composante ? Comment les convaincre que l’alimentation est un levier puissant pour agir sur des enjeux environnementaux, de santé publique, de cohésion sociale ? Ecoceaty voit le jour. Aujourd’hui, je travaille sur l’intégration de l’alimentation dans la programmation urbaine et la politique de la ville. Ce qui m’intéresse c’est d’agir sur des enjeux de transition et de démocratie alimentaire pour que cette transition soit accessible à tous. Chacun doit pouvoir accéder géographiquement, économiquement et culturellement à une alimentation de qualité.

Outre les projets urbains, j’interviens sur la dimension sociale des politiques alimentaires de territoires. Je collabore aussi avec l’Inra sur des projets de recherche qui évaluent l’impact des projets urbains sur les pratiques alimentaires. Toutes ces approches sont très complémentaires et s’entrecroisent : les méthodologies d’évaluation d’impact de l’INRA servent parfois aux acteurs de la ville. J’aime jouer ce rôle de trait d’union entre des mondes qui ne se fréquentent pas assez. Je retrouve tout ce que j’aimais dans mon ancien métier de promoteur : proposer une vision et accompagner différents acteurs pour la mettre en œuvre.

À l’horizon 2050 deux tiers de la population vivra dans une ville. Le projet urbain doit donc se construire autour de la qualité de vie, des dynamiques sociales mais aussi de la fonction historique des lieux et de leurs interactions avec le monde rural pour proposer un modèle de société durable dans tous les sens du terme. »

Constance de Alexandris, Fondatrice d’Ecoceaty

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Philippe RANC, “Bâtisseur engagé”

Notre série d’interviews se poursuit avec Philippe RANC qui nous a confié :

« Mon parcours est la preuve qu’il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. Alors que je suis étudiant en école d’ingénieur et que je me destine à travailler dans l’agroalimentaire, j’effectue un stage d’assistant conducteur de travaux chez Bouygues Construction. À la fin de mes études, cette même entreprise m’offre un poste de commercial. Je comprends qu’en travaillant énormément un champ de possibles s’offre à moi. Au fil des années, je saisis toutes les opportunités pour évoluer, le commerce puis la construction puis la promotion jusqu’à devenir responsable d’agence en région parisienne. Je maîtrise mon métier mais j’éprouve un manque car je suis intéressé par l’aménagement du territoire. J’aime fabriquer. Je me sens frustré de ne pas réfléchir la ville. Je me tourne logiquement vers l’habitat social et intègre Le Logement Français (aujourd’hui 1001vies Habitat), qui rapidement me confie la responsabilité du développement de la région PACA.

Je suis attaché à bâtir du très beau dans de très beaux sites et ce d’autant plus que j’ai moi-même grandi dans des logements sociaux. Je réfléchis toujours un projet par le biais d’une histoire à raconter. Nos programmes doivent véhiculer émotion et joie et pour réussir ce challenge je me penche toujours en premier lieu sur les besoins du quartier dans lequel on va s’implanter. Quelle valeur ajoutée puis-je apporter ? Quels compléments puis je proposer afin d’assurer le succès de la greffe urbaine ? Nous travaillons actuellement sur un projet à Sanary-sur-mer dans lequel nous faisons cohabiter des logements sociaux, une école et un musée et je serai très attentif à ce qu’il existe un escalier qui mène directement de l’école au musée. Cessons de stigmatiser les logements sociaux et créons des connexions urbaines qui permettent la réussite de la mixité. Un maître d’ouvrage doit incarner l’usage et non le seul profit. Une anecdote résume à elle seule le sens que j’essaie de donner à ma fonction. Lors de la livraison d’une résidence, nous avons donné à chaque habitant un sachet de graines à planter dans les jardinières qui ornaient les appartements. Quelques temps plus tard, une dame d’un certain âge est venue vers moi, elle m’a serré dans ses bras et m’a remercié les larmes aux yeux.

Je rêve d’un monde où notre lieu d’habitation ne serait qu’un support. L’avenir passe par l’hybridation du logement. Il existerait trois manières d’occuper un logement : locataires, propriétaires ou les hybrides. Notre consommation serait modélisée sur une durée de vie et offrirait un accès privilégié à un mode d’existence novateur avec des énergies low cost. Nous devons modifier notre rapport à la ressource, cesser de vivre pour rembourser un crédit et avoir la capacité de faire des choix dans un même immeuble en fonction de nos périodes de vie. Notre responsabilité à nous professionnels de l’immobilier est immense. »

Philippe RANC, Directeur de la valorisation immobilière de 1001Vies Habitat

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Olivia ROMANO, “Bâtisseuse engagée”

Poursuivons notre série d’interviews avec Olivia Romano qui nous a confié :

« Je suis une enfant de l’immobilier. Ma famille gravite dans ce monde depuis plusieurs générations. Lors des réunions familiales, les conversations tournent autour de la construction, de l’emplacement d’un projet, de son esthétisme. Je suis naturellement leurs traces et j’apprends finalement davantage ce métier au sein de ma famille qu’à l’école même si j’obtiens un Master en ingénierie financière de l’immobilier.

Je débute en travaillant en alternance dans une banque privée, dans un syndic et en immobilier d’entreprise où je rencontre mon associé. Nous possédons des compétences complémentaires et surtout nous partageons la même vision du management. J’ai grandi auprès d’entrepreneurs qui m’ont inculqué que le mode de gestion des salariés est primordial. J’ai toujours vu mes parents traiter leurs employés comme des membres de leur famille. Et j’ai souhaité très vite créer ma propre structure afin d’appliquer ma vision d’un management sain.

Dans notre entreprise nous développons le Family office et la gestion d’actifs immobiliers, et aussi nos propres affaires en promotion d’immobilier d’entreprise. Certes je n’ai que 25 ans mais je suis riche de l’expérience de ma famille et c’est un excellent point d’appui. Cela me permet d’écouter en priorité mon ressenti. C’est une forme d’adrénaline qui me porte au quotidien. J’adore passer d’un sujet à un autre, me maintenir en permanence à l’écoute des marchés, me demander pour chaque projet est-ce qu’il faut faire de travaux ? est-ce qu’il faut baisser les prix ? Trouver la meilleure solution. Je suis heureuse tous les matins d’aller travailler.

Je sais que ma jeunesse peut parfois être un handicap et j’ajouterais sans aucun militantisme que je me suis aperçue que le fait d’être une femme pouvait aussi m’être préjudiciable. J’ai déjà participé à des réunions où les hommes ignoraient la main que je leur tendais. Mais une fois que je parle d’un projet, je capte leur attention et ils constatent que je maitrise parfaitement mon sujet. Les réticences ne me freinent pas et si je dois taper du poing, je le fais.

L’avenir passe par une attention accrue vis-à-vis de l’environnement et une responsabilisation des promoteurs à ce sujet. Nous devons réparer nos erreurs et nous montrer très vigilants. J’aime à croire que le changement passera si chacun fait un effort au niveau promotion, construction et achat. Des nouvelles solutions existent comme par exemple des ventilations naturelles au lieu de la climatisation. Ou des briques fabriquées à partir des déchets en plastique qui s’avèrent naturellement isolantes. Il devient impératif de moins consommer d’énergie et de remettre le bien être au cœur du projet. »

Olivia ROMANO, Associée d’Investone

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Alexandre CONTENCIN, “Bâtisseur engagé”

Pour la troisième interview, nous avons choisi Alexandre CONTENCIN, qui vient de publier l’ouvrage “L’Art de la raison d’être” (Marsatwork Editions). Voici ses propos :

« J’ai toujours été animé par un engagement artistique fort, qui m’a orienté au cours de mes études de droit, vers un parcours de commissaire-priseur. Toutefois, pendant ma dernière année universitaire (2000), un ami m’a proposé de monter une start-up avec un concept novateur d’affichage publicitaire. Projet que nous avons dû abandonner dans version initiale pour le faire évoluer en studio de création graphique. Au gré de nos rencontres, nous avons ajusté nos offres pour finalement les proposer à des promoteurs et bailleurs sociaux. L’agence s’est ainsi développée, nous conduisant à absorber une société spécialisée en conseil stratégique afin d’élargir nos compétences.

En 2016, nous traversons une crise existentielle qui nous contraint à une forme d’introspection. Un livre sert de base à notre réflexion « Start with why » de Simon Sinek. Le contenu de cet ouvrage nous permet de nous redéfinir, de nous poser les bonnes questions. Nous comprenons qu’il faut injecter du sens dans nos actions. Ce fût le point de départ de notre travail sur la raison d’être. Et nous sommes très engagés dans ce défi qui consiste à aider des organisations à réfléchir sur leur impact autre qu’économique c’est-à-dire sociétale et environnementale. Je me lève le matin car mon activité me permet d’être actif dans la définition de la trajectoire de sociétés pour les aider à évoluer vers un nouveau modèle économique. Nous sommes aussi très présents dans les arts numériques et nous collaborons avec des artistes de street art.

Demain, le télé travail va se généraliser mais il ne se suffira pas à lui-même car l’être humain a besoin d’interconnexion et de faire partie d’une « culture ». Des espaces modulaires et souples vont voir le jour et impacter la conception. Finis les grands bureaux où tous les salariés sont tous réunis, tous les jours. Aux professionnels de l’immobilier d’inventer ce nouveau monde. »

Alexandre Contencin, Président de Marsatwork.

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Céline BETITO, “Bâtisseuse engagée”

En 2021, nous mettons en lumière nos partenaires acteurs et actrices du bâtiment qui partagent avec nous le même état d’esprit. Ces « Bâtisseurs Engagés » sont des clients, bureaux d‘études ou entrepreneurs. Ils apportent une énergie, une vision, une plus-value et des actions innovantes à la Construction locale. Nous apprécions de travailler avec eux et leur avons donné la parole dans une série d’interviews.

Pour la seconde interview, nous avons choisi Céline BETITO qui nous a confié :

« J’ai toujours été en quête de sens. Le système scolaire suscite ainsi très peu d’intérêt à mes yeux, mais je comprends vite que les études sont le sésame indispensable pour s’élever dans la vie. Mon bac en poche, je choisis d’intégrer une fac à proximité : ce sera l’économie. Après 4 années de persévérance en naviguant dans les différents recoins de cette filière généraliste, c’est la révélation : l’urbanisme – moyen de transformer la structure de la ville tout en veillant au bien-être de ceux qui la vivent.  Je relie enfin un métier hypothétique à ma passion : raconter une histoire et la faire vivre. Avec un parcours jalonné de rencontres marquantes, j’ai basculé d’un monde à un autre, mais toujours avec ce même fil conducteur : la quête de sens.

Je démarre ma vie professionnelle au sein du bureau d’études SEMAPHORES, où j’ai pour mission de conseiller les promoteurs, les collectivités territoriales sur leurs stratégies en habitat. Au bout de 3 ans à sillonner l’Hexagone, je suis à nouveau en quête de sens : quelle finalité dans tous les positionnements réalisés ?

Je décide donc d’intégrer les équipes du promoteur EDELIS en tant que Responsable marketing & communication : c’est la découverte de l’immobilier de l’intérieur, le système d’une opération. Je raccroche enfin les wagons… je suis en amont sur le positionnement marché & l’aval sur la commercialisation. Puis en 2013, plan social : on me propose de passer au développement, mais j’ai encore cette envie de poursuivre le même métier, je sais que je peux encore apprendre.

Je rejoins alors l’agence MARSATWORK en tant que Directrice du pôle immobilier. Je découvre un univers, une volonté de travail où rares sont les personnes qui comptent leur temps. J’apprends également à connaître Alexandre Contencin, rencontre marquante dans mon parcours. Nous partageons une détermination et des valeurs communes. Mais plus le temps passe, et plus j’ai le sentiment de perdre le contact avec le terrain… je suis en perte de sens.

A nouveau sollicitée par l’ancien directeur d’agence d’EDELIS, je décide alors de sauter le pas et de devenir Responsable Développement. J’apprends un nouveau métier, je redémarre junior. Je prends alors conscience de la responsabilité qui incombe au développement : nous sommes au démarrage de l’histoire de l’acte de bâtir, nous sommes à la base de la création d’activité pour toute une équipe. Cumulant près de sept années chez EDELIS, mon envie de raconter une nouvelle histoire commence à poindre le bout de son nez.

L’impulsion de la marque QUARTUS m’interpelle… Une équipe qui se forme autour d’un projet commun c’est formidable comme challenge. On m’explique qu’on n’a pas la vocation à être les premiers mais à marquer les esprits. L’idée me séduit ! Aujourd’hui, je travaille avec du sens, sans renier les valeurs qui me sont essentielles, sans être manichéenne non plus : je vais vers les personnes qui me correspondent. Il faut faire ce métier avec beaucoup d’humilité car les échecs sont plus fréquents que les succès.

Si je réfléchis à l’avenir, je pense que nous devons nous questionner sur le monde de l’immobilier dans sa globalité. Il s’agit d’un secteur encore très codifié qui peine à innover. Il est urgent de réfléchir à la notion du vivre ensemble, la quête de sens passe par des questions sociétales : pourquoi construit-on des logements ? Pourquoi là ? Pourquoi de cette façon ?

Nous devrions mettre l’USAGE comme essence même de notre métier. En tant que bâtisseurs, nous sommes capables d’accompagner davantage les villes, d’une part sur leurs réflexions dans la planification et d’autre part avec des projets différenciant comme par exemple des opérations hybrides (logements, co-working, etc.) ou la mutabilité de l’existant. Le monde de l’immobilier est composé de nombreux talents, avec une réelle volonté de faire bouger les lignes, de se réinventer, d’avancer ensemble.

Plus que des bâtisseurs, nous devons désormais être perçus comme des entrepreneurs – créateurs d’idées, capables d’accompagner les décideurs dans leurs visions prospectives et de les mettre en œuvre par des projets partagés où l’USAGE devrait être le fil conducteur. »

Céline BETITO, Directrice du Développement chez Quartus Résidentiel.

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